Publié le jeudi 2 juillet 2009

Réflexions du fauteuil: l'abolition de la monarchie vs l'indépendance du Québec

02 07 2009

Il n'y a pas que les Québécois qui souhaitent des changements d'ordre constitutionnel, une majorité de Canadiens aussi.

Un sondage de la firme Strategic Counsel révèle que 65 % des Canadiens souhaitent l'abolition de la monarchie après le décès d'Elizabeth II. Au Québec, c'est 86 % et en Ontario, la province la plus monarchiste, c'est 56 %. Voilà les chiffres qu'il faudrait avoir pour que le Québec change aussi radicalement de statut constitutionnel et devienne souverain.

Yvon Deschamps l'a déclaré à la fin de l'année dernière, un appui de moins de 60 % à la souveraineté n'est pas souhaitable. Pour compenser le contrepoids du Canada dans les négociations éventuelles et obtenir un solide appui de la communauté internationale, il faut que le vote pour l'indépendance soit largement majoritaire. 50 % plus un est loin d'être suffisant quoiqu'en pensent les souverainistes. C'est un bon calcul mathématique, mais un très mauvais calcul politique dont seuls les rêveurs peuvent se satisfaire.

Le même sondage  révèle que 78 % des Québécois estiment que le Canada est le meilleur pays du monde et que 61 % sont convaincus que le Québec ne se séparera jamais du Canada. Ces chiffres confirment ce que j'appréhendais depuis  le référendum de 1980 et ce que je crois depuis celui de 1995.

 Le Québec ne deviendra jamais un pays indépendant dans un avenir prévisible. Arrêtons de jouer les Don Quichottes et de perdre notre temps et nos énergies dans un combat perdu d'avance et battons-nous plutôt pour  conserver et augmenter notre position sur l'échiquier canadien à l'intérieur des institutions et des partis qui nous permettent d'accéder au pouvoir à Ottawa. Au Québec, c'est déjà fait, peu importe la couleur du parti.